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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 14:02

Là, il n'est  plus question de spiritualité, mais de religions...
1994, reportage en Irlande du Nord où début un processus de paix.

Les deux cessez-le-feu, respectivement le 31 août à minuit pour l’IRA et le 13 octobre à minuit pour les paramilitaires protestants, devraient permettre aux catholiques et aux protestants d’Irlande du Nord de trouver à ce conflit une issue vers la paix.


Mais quelle est la situation aujourd’hui, des habitants de Belfast traumatisés par les “troubles”?

 

État des lieux :

 

Chapitre 3 - Belfast 1994

Nuala Mac Ferran, quarante-huit ans, catholique, professeur de français et d’irlandais au collège Saint-Malachy, parlait le gaélique avant l’anglais. Comme la plupart des gens, elle a traversé ces vingt-cinq dernières années dans la souffrance et la terreur.
Deux membres de sa famille emprisonnés faisaient partie des grévistes de la faim qui fut fatale à dix d’entre eux. Un autre membre de sa famille fut victime d’un “meurtre sectaire”.
“ L’intégration ne se fera pas avant cinquante ans, dit-elle, et seulement dans la justice, le respect mutuel et un esprit d’amour. ”

 

Chapitre 3 - Belfast 1994

Qu’ils soient protestants ou catholiques, qu’ils soient directement ou non touchés par cette guerre de vingt-cinq ans, les gens de Belfast vivent ensemble, les étudiants, tel que Darren E. Elwood, vingt ans, protestant, suivent les mêmes cours dans l’unique université de la ville.


Tous utilisent les mêmes transports en commun et la plupart dit ne plus être concerné par les derniers événements...

 

Chapitre 3 - Belfast 1994

Elaine Mac Neill, vingt-cinq ans, catholique, est étudiante aussi à “Queen’s Univerity”, elle vit dans un appartement avec trois autres camarades qui, comme son père et sa mère, appartiennent aux deux communautés.
 

D’après elle, “les troubles ne concernent qu’une minorité et n’ont sévi que dans les ghettos.”

 

Chapitre 3 - Belfast 1994

Ces derniers restent réticents au cessez-le-feu.
“ Il faudra attendre quelques années avant que j’aille dans Shankill.” dit Donal Mc Garry, vingt-sept ans, catholique et chauffeur de “Black Taxi”.

“Shankill”, quartier protestant et les “Falls”, quartier catholique, sont les deux quartiers séparés en 1969 par la “Peace Line”.

Le long de la "Peace Line" et dans certains quartiers chauds, les patrouilles militaires sont plus fréquente que dans le reste de la ville. 

 

Chapitre 3 - Belfast 1994

Une partition provisoire d’après Sir Ian Freeland, général officier commandant de l’armée britannique (GOC), qui déclarait le 10 septembre 1969 :

“ La ligne de la Paix est une affaire très, très temporaire. Nous ne voulons pas dans cette ville d’un Mur de Berlin ou quoi que ce soit qui y ressemble.” ...

 

 

Chapitre 3 - Belfast 1994

Des associations intercommunautaires oeuvrent de part et d’autre de cette ligne.


Le Lien de l’Espoir, le projet “Hopelink” du Révérend Robert Love, trente-cinq ans,pasteur presbytérien et coordinateur de ce projet dans le quartier de “Shankill” où,comme dans les “Falls”, le taux de chômage atteint 20%.
Son “Link Café” permet aux protestants comme aux catholiques de se retrouver pours’entraider.


Et le Cultùrlann Mac Adaim-O’Fiaich, qui porte le nom deux férus de la langue gaélique. Robert Mac Adaim, protestant presbytérien et Tomas O’Fiaich, cardinal catholique.

 

Chapitre 3 - Belfast 1994

Cette association, fondé en juillet 1991 dans un ancien temple presbytérien des “Falls”, s’attache à promouvoir la langue gaélique par différentes activités : un théâtre, des cours du soir, une école secondaire, un café et un journal,
le “ LA, Nuachtan na nGael” (Jour, Le Journal des Gaels).


Colm Mac Aindreasa, vingt-sept ans, d’origine catholique mais sans religion, est responsable du parc d’ordinateurs de l’association et traducteur pour le journal, le gaélique étant sa langue maternelle, (il a appris l’anglais plus tard).
Du fait de ses origines, il lui est impensable, actuellement, de traverser “Shankill” ou tout autre quartier protestant.


“ Je ne connaîtrai pas la paix de mon vivant.” déplore-t-il, mais le centre dans lequel iltravaille est ouvert à tous.

 

Chapitre 3 - Belfast 1994

D’autres associations intercommunautaires sont éparpillées dans la ville de Belfast.


L’une d’elles en particulier met tout en oeuvre pour dénoncer le terrorisme qui continue de régner au sein des deux communautés.

Le “FAIT”  (Les Familles Contre l’Intimidation et la Terreur), créé en septembre 1990 par deux catholiques Nancy Gracey et Sally Mc Cartan.

Elles ont perdu des parents, Nancy son fils et Sally dix membres de sa famille.

Leur association dénonce le terrorisme, de l’IRA au sein de la communauté catholique et des Paramilitaires Protestants contre leur propre communauté.

 

Chapitre 3 - Belfast 1994

Régulièrement, malgré les deux cessez-le-feu, plusieurs personnes ont été victimes d’actes de terrorisme dans leur maison et comme le dit le psychiatre, Docteur Philip Mc Garry,


“ Ceux qui souffrent le plus, sont les gens agressés chez eux, car leur domicile, ainsi violé, n’est plus pour eux le sanctuaire familial, symbole de sécurité.”          
Travaillant à Belfast Ouest, où se situent les quartiers chauds, il a établi trois catégories de traumatismes dus à la violence en Irlande du Nord :
Les coups de feu partisans, la “sanction de la rotule” et les agressions et/ou prises d’otage à domicile.

 

Chapitre 3 - Belfast 1994

Même si au dire des protagonistes, elle n’est pas pour demain,

la paix est proche.

 

Chapitre 3 - Belfast 1994

Malgré de réelles difficultés et dans l’attente de la justice et du respect mutuel évoqués par Nuala, la vie intercommunautaire est déjà là, elle reprendra ses droits et les enfants joueront dans les rues de Belfast.

 

textes & photographies Henri Guillou

 

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Published by Henri Guillou
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